chemin de Compostelle

Au-delà du chemin

Je suis parti très tôt de Saint Jean Pied de Port avec pour objectif d’aller jusqu’à Santiago de Compostelle. Quel périple, je n’avais jamais imaginé marcher 900 kilomètres !
Beaucoup de questions ont surgi au cours du voyage : pourquoi marcher, à quoi sert ce chemin, qu’obtenons-nous au final et quel est le sens de tout cela ?
En fait, dans les premières semaines j’étais tellement fatigué que je ne pouvais pas penser, j’avais des douleurs dans les jambes et dans les articulations qui se propageaient silencieusement dans le dos.
Peu à peu, au fil du temps le corps s’est adapté à la géographie, au climat et à cette nouvelle forme de vie nomade.
Je suis passé par des endroits magnifiques, j’ai fait de belles rencontres : il m’est impossible d’oublier ces paysages, tous ces échanges, toutes ces réponses individuelles à ces questions.
Finalement, je me suis aperçu que ce n’était pas la question ou la réponse le plus important, mais l’action de marcher, l'enchantement de faire quelque chose sans savoir pourquoi, le rituel sacré et à la fois profane d’être présent à regarder ce qui se passe sans aucune prétention, convaincu que l’arrivée n’est plus une fin en soi.
L’essentiel se trouve dans ce qui se joue dans le moment présent, ce moment précis où le temps qui s’écoule à plus de signification car notre passé et nos aspirations perdent tout leur sens.
Pour certains, le chemin peut être une thérapie, un chemin religieux, une voie ésotérique.
Pour ma part, ce n’est pas nécessaire d’aller au-delà de la réalité du chemin. Le chemin c’est regarder attentivement ce que nous avons devant nous, regarder le paysage, parler avec le gens, vivre tout simplement.